Si !


(Révision du vingt-et-unième siècle).

 

Si tu peux t’entendre reprocher que ta voix, qui n’a jamais été si étranglée et détimbrée, est encore bien trop grosse pour le goût d'une lesbienne, et pas encore assez émasculée ;

Si d'un front égal, tu peux entendre plusieurs jeunes gens se plaindre tour à tour des biens que ta fille aînée leur a « taxés » ;

Si tu peux découvrir que la juge n'a que le temps de vérifier que c'est bien toi le mâle, pour savoir qui condamner, avant de t’évacuer pour abattre l’affaire suivante ;

Si tu peux être assez habile et assez chanceux pour conduire dans le talus la course folle de ton véhicule au frein saboté, au lieu d'aboutir fracassé sous les voitures qui foncent sur la D6 en bas du chemin privé ;

Si tu peux entendre ta fille (la plus jeune) être assez assourdie de propagande fanatique pour être persuadée avoir assisté à des événements qui se sont déroulés à trois cents kilomètres d'elle ;

Si tu peux lire que tout à la fois tu étais à sept heures de train de là, et qu'on t'a vu rouer ta fille de coups (l'autre fille, l'aînée) ;

Si tu peux lire qu'on t'a vu acheter, en un lieu où tu n'allais plus depuis des années (car tu ne prends plus de vacances), un bateau ou un avion dont l’existence même vient d'être inventée ;

Si tu peux entendre ton avocate te menacer si tu n'obéis pas aux tueuses, car elle a reçu de la partie adverse une offre alléchante, à laquelle elle ne saurait résister, et si tu peux ne saisir ni l'ampleur de sa corruption, ni l’ampleur de la menace qu’elle mettra à exécution ;

Si tu peux voir le juste mis au rang des assassins, et l'assassine portée en triomphe, car elle est une femme.

Si tu peux t'endetter pour dix mois pour payer la consignation du juge d'instruction, car dans ta naïve candeur de scientifique, tu espères que la loi pénale de la République sera appliquée ;

Si tu peux comprendre que le procureur a expédié en une ligne et demie (1) un dossier d'une centaine de pages, qui t'a demandé dix-huit mois à réunir, et pour lequel tu t'es endetté pour dix autres mois ;

Si tu peux découvrir que ce scandale n'est nullement isolé : seules sont appliquées les lois qui ne dérangent pas le lobby en robes noires ; les autres lois restent lettre morte ;

Si après avoir détaillé les calomnies que les copines de ta femme ont élaborées contre toi, par haine de l’autre, si après avoir entendu détaler ceux qui préfèrent se terrer sous la table, plutôt que d’oser gêner la calomnie en quoi que ce soit, si tu peux ensuite regarder chaque femme en te demandant « Et celle-là aussi ? Quelles horreurs est-elle capable d’inventer pour la joie de nuire à un mâle, conformément à l’idéologie en vigueur ? » sans jamais devenir misogyne en miroir de leur misandrie ;

Si tu peux voir tes enfants se crocher les pieds, se rouler dans la fange, et organiser leurs échecs à perpétuité, à force d’être confus par la mission parricide que leur mère leur a assignée pour sa convenance personnelle ;

Si tu peux voir tes enfants te haïr (2), parce qu’aucun adulte autour d’eux n’est assez fort ni assez courageux pour les soustraire aux représailles de celles qui les ont chargés d’une mission criminelle, et parce que comme victime survivante, tu es le témoin de trop, et qu’ils ne sont plus capables de te regarder en face ;

Si tu peux constater que c’est le « garde-fous » ultime de la République, qui en est l’administration la plus criblée d’incompétence et de corruption ;

Si tu peux aider plus accablés que toi ;

Si tu peux défendre d’autres enfants que les tiens contre les violences quotidiennes, quand leurs papas sont trop loin pour les défendre ;

Si tu peux enseigner la paix et la créativité autour de toi ;

Si tu peux te dépêcher de transmettre tes habiletés et tes connaissances avant que la Camarde ne te fauche ;

Si tu peux aider d’autres grands-parents à tenter de défendre leurs petits-enfants contre la toxicomanie et la violence au quotidien d’une mère devenue dépendante de l’alcool (et de son pourvoyeur en toxiques psychotropes) ;

Si tu peux contrer d’autres campagnes de violences sournoises, ourdies pour le suicide de celui qui est de trop ;

Si par le rire, tu peux rendre le goût de vivre à ceux qui le perdaient ;

Si ainsi tu parviens à cacher au plus grand nombre, que tu n’attends plus rien de la vie ;

Si tu peux remettre en paroles ceux qui ne savaient plus se parler ;

Alors ce qui est mieux que d'être un non-être, ce qui est mieux que de ne pas être le cadavre qui avait été planifié, tu seras un père, mon fils !
Enfin, n'exagérons rien, un payeur de taxes, quoi !

 

Jacques Lavau, 23 janvier 2004.

 

Dimanche 21 juin 2009, cela faisait 3395 jours que je n'avais plus jamais revu ni entendu ma fille cadette : depuis dimanche 5 mars 2000. Neuf ans, trois mois, et seize jours.

 (1). Erreur. La substitute en avait écrit plus long, mais ce texte me restait alors caché durant quatorze mois : collusion de mon avocate avec sa collègue en accusations mensongères et en attestations mensongères. Collusion et obstruction. Sur cinq avocates du Barreau de Valence qui ont trempé dans la couverture de cette affaire criminelle, il n'y en a pas une qui n'ait menti.

(2). Sauf une, là présente avec son jeune chien : http://citoyens.deontolog.org/index.php/topic,2182.0.html 

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