Le narcissisme de meute donne de gros dégâts, en sciences inclusivement.

Cet article ajoute des exemples à un article de Denis G. Rancourt.


Officiellement, et selon Richard Feynman la science se distingue de tous les autres modes de transmission des connaissances par une croyance irrévérencieuse : nous croyons que les experts sont faillibles, que les traditions peuvent véhiculer toutes sortes de fables et d'erreurs, et qu'il faut vérifier, par des expériences. Toutefois, nombreuses sont les sciences naturelles où les possibilités d'expérimenter sont rares, et où il faut rechercher d'autres épreuves de réalité. Ne pas cracher sur les épreuves de réalité de son voisin, dans un métier voisin ; nous n'en aurons jamais de trop.


Les outrances de la domination politique.

Un premier obstacle à l'honnêteté est que longtemps après la mort de Galileo, le pouvoir politique quel qu’il soit, n'a toujours pas renoncé à militariser à son service tous les intellectuels, dont tous les enseignants et tous les scientifiques. Aussi il n'est pas rare qu'un article voie une conclusion et un résumé à l'opposé des résultats présents dans le corps de l'étude : la bureaucratie est pressée, et se contente d'un résumé conforme à ses directives, sans lire l'article lui-même.

Un tel article :

http://herve.cochard.free.fr/pdf/Vaz-et-al-2012.pdf
Vaz M, Cochard H, Gazarini L, Graça J, Chaves MM, Pereira JS 2012. Cork oak (Quercus suber L.) seedlings acclimate to elevated CO2 : Photosynthesis, Growth, Wood Anatomy and Hydraulic Conductivity. Trees, Structure and Function 26:1145–1157

En résumé du résumé : « Avec l'aide d'un doublement en CO2 atmosphérique, les pousses de chêne-liège ne tirent pas une résistance accrue aux sécheresses, donc ça n'apporte rien. »

Toutefois, une lecture attentive des tableaux de résultats alimente une toute autre conclusion : en atmosphère moins pénurique en CO2, les plants développent un système racinaire plus puissant, et résistent bien mieux aux épisodes de sécheresse.

Analyse complète de ce genre d’entourloupes carbocentristes :

La fraude à « 70 % des arbres menacés par le changement climatique »


Cliquez sur les images pour une plus grande résolution.

http://deontologic.org/impostures/ressources/GIEC/Vaz_Table1.jpg

http://deontologic.org/impostures/ressources/GIEC/Vaz_Table2.jpg













On constate qu'à six mois d'atmosphère enrichie, les jeunes pousses font 8,31 g de feuilles contre 2,74 g aux témoins, soit trois fois plus, 8,51 g de tiges contre 2,13 g soit quatre fois plus, et 7,91 g de racines contre 3,53 g, soit plus de deux fois plus (x 2,24 exactement).

Certes à neuf et quinze mois, les développements en tiges et feuilles s'égalisent progressivement, tandis qu'au contraire la différence en développement racinaire augmente de beaucoup. 15,36 g de racines en plus pour les plants favorisés en dioxyde de carbone, en conditions d'humidité de sol optimale, et 14,44 g de racines en plus, en conditions de stress hydrique.
Or c'est justement le développement racinaire qui est pour le jeune plant, l'investissement-clé en résilience aux sécheresses. Le poids total moyen du plant à quinze mois, en condition de stress-sécheresse, passe de 75,47 g à 120,56 g en conditions d'enrichissement en dioxyde de carbone, amélioration répartie entre les trois développements : racines, tiges et feuilles.

Il s'agit bien d'un succès complet (attendu et déjà bien documenté dans la littérature scientifique), que par conformisme de meute (ou par flagornerie envers une bureaucratie vendue au carbocentrisme), les auteurs présentent officiellement comme un échec, sous couleur du concept mystérieux et non défini : « acclimatation ».

De plus, prisonniers de leur spécialisation pointue dans la conductivité hydrique du xylème, les auteurs ne font aucune analyse de la dynamique forestière et des sols forestiers sur plusieurs générations. Ces pousses nettement plus vigoureuses quand le dioxyde de carbone manque moins, font une meilleure couverture du sol, qui du coup transpire moins à lui seul, et laisse davantage d'eau aux évaporateurs végétaux, qui en font un usage nettement amélioré. Et les feuilles tombées au sol en renouvellement permanent font une litière plus abondante, conduisant progressivement à un sol plus riche, plus profond, retenant mieux l'eau.

Le spécialiste est un monsieur qui sait beaucoup de choses sur peu de chose, et à la limite tout sur rien du tout. Ne leur aurait-il manqué de la pratique de la sylviculture ? Et la fréquentation de quelques pédologues ?


Jacques Duran a signalé plusieurs articles à la conclusion et au résumé paradoxaux du même genre, style « Mais l’arrêt du Gulfstream peut encore se produire d’une année à l’autre, donc demeurons vigilants ! », alors que l’étude océanographique avait prouvé qu’aucune tendance de ce genre n’existait.

Articles à http://www.pensee-unique.fr/oceans.html#amoc




On ne sait pas piloter scientifiquement l’enseignement des sciences.

Le management des sciences et de leur enseignement par les féodalités est fautif.




Deux exemples :

Ces deux défaillances exemplaires furent préparées en mathématiques :

Dès les mathématiciens arabes, le déni : Les grandeurs physiques ne sont pas des grandeurs physiques, mais ne sont que des nombres.

Dès Argand en 1806 (interprétation géométrique des nombres complexes) et Hamilton en 1843 (quaternions) : Les opérateurs ne sont pas des opérateurs, mais ne sont que des nombres.

Or multiplier par -1 est un opérateur, et multiplier par i est aussi un opérateur.

A partir de l’école anglaise de Hamilton (1805-1865) et de Cayley (1821-1895), qui ne parvenait pas à bien discerner un vecteur d'une liste de nombres (pouvant être éventuellement des coordonnées de vecteur) sans structure ni règle, le praxéogramme des concepts emmagasinés dans votre cursus scolaire, a l'allure dispersée suivante :

Notamment, on vous a fait apprendre (donc approuver) des affirmations de ce genre :

«Le vecteur unitaire k est le produit vectoriel du vecteur i par le vecteur j, unitaires

Or comme chacun de ces vecteurs est de dimension unitaire, soit physiquement un mètre, le vecteur k est en même temps de longueur un mètre carré.

Ce qui est une propriété fort surprenante pour un vecteur unitaire dans un repère orthonormé : 1 m = 1 m². Et tout ce qui s'ensuit : 1 m = 1 m2 = 1 m³ = 1 m-1, etc.

Et comme, implicitement, un vecteur ne serait qu'une liste de (trois) nombres, et que 1 m = 100 cm, alors 100 = 10 000 = 1 000 000 = 0,01, etc.

Et s'il n'y avait que cette contradiction là!... Evidemment, vous n'y aviez vu que du feu, alors. Ainsi va la physique de concours, avec son ultimatum habituel : approuvez à l'instant, ou partez.

Aujourd'hui, quitte à faire un effort d'honnêteté, vous devriez vous souvenir de votre stupéfaction, la première fois que vous avez vu le professeur sortir de sa manche la mystérieuse troisième direction, dans laquelle il a mystérieusement choisi un sens pour y placer son mystérieux troisième vecteur. Rappelez-vous : vous n'avez commencé à y "croire" un peu, que lorsqu'on vous a donné l'exemple d'applications en magnétisme. Comme par hasard : il est impossible de voir un champ magnétique, alors qu'on peut voir tourner une vitesse angulaire et un moment angulaire. Aussi fallait-il commencer par vous mettre sous dépendance en magnétisme, avant de vous asséner le « produit vectoriel » en mécanique, toute vigilance anesthésiée.

Référence : le cours pour professeurs de physique dès le niveau collège a été porté en wiki : http://deontologic.org/geom_syntax_gyr/

Syntaxe géométrique de la physique macroscopique.



Exemple en électromagnétisme.

La bourde majeure dans le sujet de bac S de Pondichéry en 2012 ! Ou : Ces inspecteurs qui ne maîtrisent pas les symétries des champs de l'électromagnétisme.

Accéder à cet énoncé, enseignement commun de physique et chimie série S ?

http://www.ac-polynesie.pf/spip/IMG/zip/BCG_2013_S_PHYSIQUE_INDE.zip 13PHYCOIN1.pdf, exercice 3, pages 14 et 15. Lien mort depuis, ils ont eu honte d'une telle pièce à conviction.

Regardez la question de physique sur la modification apparente de la gravité sur un pendule pesant, supposément par un champ magnétique au centre d'une double bobine de Helmholtz :

Un pendule dans un champ magnétique.

Pour vérifier l’influence de l’intensité de la pesanteur sur la période d’un pendule simple, il est difficile d’envisager de se déplacer sur une autre planète. En revanche, il est relativement simple de placer un pendule, constitué d’un fil et d’une bille en acier, à l’intérieur d’un dispositif créant un champ magnétique uniforme dans une zone suffisamment large pour englober la totalité de la trajectoire de la bille du pendule pendant ses oscillations. Ce dispositif peut être constitué par des bobines de Helmholtz.

Bobines de Helmholtz

Lorsque l’axe des bobines est vertical, le passage du courant électrique crée un champ magnétique uniforme vertical dans la zone cylindrique située entre les deux bobines. Une bille en acier située dans cette zone est soumise à une force magnétique verticale.

2.1. Expliquer pourquoi ce dispositif expérimental permet de simuler une variation de l’intensité de la pesanteur.

2.2. Comment doit être orientée la force magnétique exercée sur la bille pour simuler un accroissement de la pesanteur ? Justifier.

2.3. Comment peut-on simuler un affaiblissement de l’intensité de la pesanteur ?

2.4. Si le dispositif a été correctement installé pour simuler un accroissement de la pesanteur, comment cela se traduit-il sur l’évolution de la période du pendule ? Justifier.

2.5. Le système utilisé ne permet pas de simuler une forte variation de la pesanteur mais il permet cependant de constater une variation de la période, à condition de choisir un protocole optimisant la précision de la mesure.

2.5.1. Proposer une méthode expérimentale pour obtenir une mesure la plus précise possible de la période.

2.5.2. Dans le cas d’un pendule de longueur 0,50 m, on mesure une période de 1,5 s lorsque les bobines sont parcourues par un courant électrique.

2.5.2.1. Le dispositif simule-t-il un accroissement ou une diminution de la pesanteur ? Expliquer.

2.5.2.2. Déterminer la valeur de l’intensité de la pesanteur apparente.
Fin de citation.


Un collègue de Belfort a écrit :

Juste par curiosité, qui peut expliquer comment le dispositif des bobines de Helmholtz de la 2e partie l'exercice 2 peut créer une force verticale sur la bille ?


Le collègue a bien fait de nous alerter : cet énoncé est aussi faux que possible. Voilà où ça conduit, d'avoir adopté dans les premières années du 20e siècle, et malgré les mises en garde de James Clerk Maxwell en 1873 et de Pierre Curie en 1894, une représentation vectorielle (ici donc verticale) à un truc de rotation qui n'a rien de vectoriel, mais gyratoriel (et ici horizontal). De toute évidence, le professeur qui a rédigé ce sujet n'a pas fait l'expérience, ni ne saurait faire le calcul qu'il intuite au doigt mouillé, et dont il exige la croyance chez les élèves. L'inspecteur non plus, celui qui a accepté ce sujet, ne comprenait rien à la question.

La "force magnétique verticale" que le rédacteur a postulée, n'existe pour un corps d'épreuve ferromagnétique qu'en présence d'un gradient de champ magnétique. Or l'intérêt expérimental de la double bobine de Helmholtz est qu'elle crée une zone étendue à champ uniforme, et donc un gradient de champ nul. Donc "force magnétique" nulle sur un corps ferromagnétique. De plus, faire l'expérience lui aurait révélé le freinage par courants de Foucault, si sa bille est étendue et conductrice.

Elles sont comme ça, les féodalités qui règnent sur l'enseignement… Le coup du « produit vectoriel » sert notamment à évincer les étudiants à l’esprit concret et expérimentateur, et sélectionner les plus dociles aux absurdités. Nous verrons plus loin autre une sélection par l’absurdité, encore plus féroce.

Quantité de mouvement

Historiquement, ce concept a été encore plus lent à dégager que celui d'énergie. Isaac Newton avait failli exprimer sa loi fondamentale de la mécanique en fonction de la variation de quantité de mouvement, mais hélas il s'est ravisé, et a publié la forme avec accélération, celle qui est toujours enseignée. Les deux formulations sont équivalentes tant que les masses restent constantes.

F = à comparer à : = est le vecteur de position.

En aérodynamique ou en hydrodynamique, c'est de loin la formule par les quantités de mouvement qui est la plus féconde. Le principe de conservation globale de la quantité de mouvement n'a aucune exception. Pour la changer sur quelque objet matériel, il faut lui appliquer une force.



Formulation simple de l’impulsion ou quantité de mouvement (sans électrodynamique, sans charges ni champs électromagnétiques) :

=

C'est donc bien une grandeur vectorielle, avec trois coordonnées sur notre espace ordinaire. A présent qu'on ne vous l'enseigne plus, on ne vous dit plus que c'est une grandeur physique essentielle.

Dimension physique : 1 kg . m / s

Cette unité de quantité de mouvement ou d'impulsion n'a pas reçu de nom international. Nos étudiants sont-ils autorisés à penser ce qui n’a même pas de nom ? Le raisonnement oral est quasi impossible.



Pour les dessinateurs humoristiques et pour Françoise Héritier, l'afflaire est caire : nos ancêtres vivaient dans les cavernes et chassaient à la massue. Vous avez déjà essayé de vous nourrir en chassant dans la nature à la massue ? Un feu d'enjant, n'est-ce pas (pour continuer à citer les Dupond et Dupont1 ) ? Il y a un cas où ça marche, un seul : quand vous chassez les bébés phoques sur la grève où les mères phoques ont vêlé, puis sont reparties en mer se nourrir entre deux tétées. Toutefois ce genre de grèves inaccessibles sauf en barque ne sont pas vraiment le berceau de l'humanité. Tandis que nos gibiers réels ont soit un odorat perfectionné s'ils sont des mammifères terrestres, soit une vue très supérieure à la nôtre s'ils sont des oiseaux. Aucun n'aime se faire approcher par un prédateur… J'excepte le dodo, qui à l'abri de son île, ignorait ce que peut être un prédateur.

Nos ancêtres ont chassé aux pièges et/ou aux armes de jet, qu'ils ont constamment perfectionnés. Propulseurs, sarbacanes et arcs, plus tard arbalètes, toutes ces armes servent à lancer le projectile encore plus vite, pour lui donner le plus possible d'énergie cinétique dévastatrice, à quantité de mouvement égale, nécessairement limitée.

A puissance d'arbalète donnée, constante, et recul admissible par l'épaule du tireur donné, faut-il tirer un carreau de 60 g ou de 120 g ? On vous donne la vitesse initiale du carreau de 60 g : 360 km/h = 100 m/s. Son énergie cinétique est donc de 0,06 kg / 2 x 10 000 m2/s2 = 300 J.

A recul égal, le carreau de 120 g emporte 150 joules à la vitesse de 50 m/s, mais il sera moins freiné par l'air, s'il est aussi bien profilé ; aussi sur une grande distance la différence d'énergie d'impact résiduelle s'atténue. Tous deux emportaient la même quantité de mouvement : 6 kg.m/s.

Et quelle énergie de recul supportait une arbalète de 3 kg ? 6 kg.m/s / 3 kg = 2 m/s.

3 kg / 2 x (2 m/s)2 = 6 joules. C'est bien moins dévastateur, tandis que les 300 J du carreau de 60 g percent une armure de chevalier.









Figure 23.7.

Voilà pourquoi nos ancêtres ont perfectionné les armes de jet : les gnous et les sangliers ont le cuir épais et solide, et ils courent vite.



Sur une mitraillette ou un fusil d'assaut, le recul de l'arme joue un rôle désastreux sur la précision du second et du troisième tir : l'arme se cabre. Ainsi l'OTAN a dû réviser ses notions sur la munition américaine d'origine .30-06, trop lourde pour passer du fusil à longue portée et sans répétition au fusil à répétition, pour un assaut à plus courte distance. Ils baissèrent simultanément le poids de la balle, et la charge propulsive, ce qui diminuait le recul et donc le cabrage.



Comparons l'énergie de recul absorbée par l'épaule du tireur, à l'énergie d'impact du projectile :



Le support visuel est cette vidéo, prise par l’agence russe ANNA, entre 1’ 06" et 1’ 11", d’un tireur de précision qui tire d’une antique arme à verrou, relique des guerres mondiales.

Vidéo https://www.youtube.com/watch?v=R2AEU3jTL7w extraite de
https://www.almasdarnews.com/article/video-syrian-army-advances-northern-aleppo/

Le recul est de l’ordre de 6 cm. Un expert a identifié l’arme : un Mosin-Nagant M91-30 PU produit à partir de 1932, et dont la première conception remonte à 1891. Le chargeur devant la gâchette est caractéristique. Il tire une 7,62 × 54 mm R.

Dans cette version il pèse 4 kg.





Figure 23.8.



Masse du projectile : 9,6 g. Vitesse initiale 870 m/s. Énergie initiale : 3500 joules.

Impulsion : 8,35 kg.m/s. Vitesse de recul de l’arme : 2,09 m/s.

Énergie de recul : 8,72 J. Force d’arrêt moyenne sur 6 cm : 145 N.



Le tireur d’un fusil d’assaut, automatique, supporte des conditions fort différentes : la culasse recule hélicoïdalement, elle actionne l’éjection de l’étui de la balle, charge la munition suivante, et revient en position de tir. Bien moins d’énergie reste à absorber par le tireur.

Prenons l'AK-47, pesant environ 5100 g chargée dans sa version initiale, qui tire une munition M43 de 7,62 mm, de 6,5 à 7,8 g. Vitesse initiale : 720 m/s, énergie initiale : 1 991 joules. Pour la suite des calculs et pour maintenir la cohérence des données, on va prendre 7,68 g de masse de projectile, presque la balle de guerre ordinaire.

Figure 23.9.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/0c/AK47.jpg







Impulsion : 0,00768 kg x 720 m/s = 5,53 kg.m/s. C'est très proche de la valeur encaissée par l'arbalète plus haut. Énergie cinétique initiale avec ces valeurs : 1 991 J.

Ce que serait la vitesse de recul de l'arme si elle était à culasse calée :

5,53 kg.m/s / 5,100 kg = 1,08 m/s. Ce qui donnerait l’énergie du recul de l'arme : 5,1 kg / 2 x 1,176 m2/s2 = 3 J. Ce calcul est invalide. La culasse étant bien plus légère, emprunte bien davantage d’énergie aux gaz de poudre, plus de 10 J, probablement une vingtaine de joules.

Il faut se tourner vers la cadence de tir, de l’ordre 100 coups/minute. Une période de 0,6 s, dont le tiers, 0,2 s pour absorber l’impulsion de 5,53 kg.m/s. D’où une force de recul absorbée par le tireur de 5,53 kg.m/s / 0,2 s = 27,7 N, pour chaque coup, avec une moyenne durant la rafale de 9,2 N. L’énergie absorbée par le tireur lui-même est de l’ordre du demi-joule par coup.



Ne nous lançons pas ici dans le calcul de la vitesse de cabrage, selon la géométrie de l'arme et la morphologie du tireur.

En Relativité, l'énergie et la quantité de mouvement ou impulsion sont inséparables, elles forment un vecteur à quatre coordonnées, énergie-impulsion, dont les transformations sont régulières dans les changements de repère.

Il faut aussi savoir que la lumière transporte de la quantité de mouvement (très très peu) : selon sa fréquence ν, un photon transporte l'énergie et l'impulsion hν/c. D'où un recul de l'atome ou la molécule émetteur, comme récepteur. Pour observer la résonance Mössbauer, il faut immobiliser émetteur comme absorbeur dans deux solides massifs, et souvent refroidir à très basse température, pour limiter la perturbation par les phonons.

Initialement au collège, au commencement de la mécanique statique, la force c'est ce qui est transmis par une ficelle ou un câble. Il va falloir perfectionner cela pour avoir la portance sur une aile d'avion, a fortiori pour accélérer un électron dans un synchrotron.

Dimension physique : 1 newton = 1 kg.m/s2 = impulsion / temps = énergie / longueur


Reprenons le recul du Mosin-Nagant M91-30 PU. Énergie de recul : 8,72 J. Force d'arrêt moyenne sur 6 cm : 145 N . Sur 3 cm : 290 N. Sur 1,5 cm : 580 N. Bonjour les bleus à l'épaule !

Les valeurs de forces d'arrêt sont bien plus graves en accident de la route, voire bien pire encore en accident d'avion. Seul Superman, etc. etc., mais seulement au cinéma.


Pourquoi une lance d'incendie est-elle un engin si difficile à maîtriser, voire sauvagement dangereuse si elle échappe aux hommes qui la manipulent ? Parce qu'elle lance un fort débit de quantité de mouvement. Un ordre de grandeur :

Prenons une «  grosse lance  » de débit 500 l/min, et dont l'ajutage final est de 18 mm, soit une section de 2,54 cm². Ce n'est pas la plus puissante, il en existe une pour 1000 l/min.

Conversion du débit : 500 l/min = 8,33 l/s = 8 333 cm³/s.

On en déduit la vitesse de sortie nominale :

8 333 cm³/s / 2,54 cm² = 3281 cm/s = 32,81 m/s.

D'où la force exercée par le jet sur la lance (débit de quantité de mouvement) :

8,33 kg/s x 32,81 m/s = 273,3 N

Il faut être un homme costaud et entraîné pour maîtriser cela avec précision.

Et si elle échappe ? Elle recule en serpentant à droite, à gauche, à droite, à gauche… De quoi faire du dégât dans le personnel.

Pour la curiosité, calculons la hauteur maximale qu'atteindrait ce jet, en absence de freinage par l'air : à 32,81 m/s, chaque kilogramme d'eau possède une énergie cinétique de 538 joules, à convertir en énergie potentielle mgh.

D'où h = 538 J / (9,81 kg.m/s2) = 54,8 m, soit un immeuble dépassant 15 étages en conditions réelles.



Vous ai-je convaincu que la quantité de mouvement ou impulsion, est une grandeur essentielle à l’enseignement et à la pratique de la mécanique ? Notamment en hydrodynamique ou aérodynamique, par exemple pour la portance des ailes d’avion, ou des voiles, ou des quilles et gouvernails, ou des pales d’hélice.

Alors pourquoi les directives ministérielles l’ont-elles balancée au trou de mémoire ? Il est vrai que dans la désindustrialisation forcenée de la France, on a de moins en moins besoin d’ingénieurs ni techniciens compétents ; on laisse donc filer le niveau vers le bas.


Le narcissisme de meute, ou communautarisme, comme prothèse aux narcissismes individuels meurtris.

L’homme est un animal social, aussi ne faut-il s’ébahir si le plus gros de ses maladies mentales sont collectives. Les maladies mentales collectives sont fort peu étudiées par les psychiatres, gens prudents qui se méfient des fusils à lunettes, des avocats, et en général des violences que peuvent exercer des communautés ou sectes puissantes, des églises puissantes, des criminalités organisées.

Pratiquement toute secte fait miroiter à ses naïfs adhérents le mirage d’être devenus une élite, tellement supérieure aux in-sectes, aux incroyants et personnalités libres.


Une manipulation Novlangue est présente dans tous les manuels de « Mécanique quantique », telle qu’elle est détenue et privatisée par le groupuscule qui a pris le pouvoir en octobre 1927 : les Göttingen-København-istes. Pouvoir pris par violence pure.

Opposition Quantique/classique

Cette opposition {Classique / Quantique} est la tarte à crème de tous les manuels. Elle sert à induire subrepticement l'idée que tout objecteur est réactionnaire et est prisonnier du passé révolu, tout juste bon pour des profanes, tandis que les initiés sont le présent et l'avenir réunis, et qu'après eux, il n'y aura plus d'autre prophète.

C'est une astuce rhétorique subreptice pour se donner un brevet de modernité éternelle, pour associer "Classique" à Pouah ! et à Obsolète ! d'une part, "Quantique" à Miam ! Et le progrès définitif et indépassable ! d'autre part.

Ceux qui ont subi du catéchisme dans leur jeune temps, reconnaissent facilement là un vieux leitmotiv qui a beaucoup servi durant les quatre millénaires précédents : "Et après moi, il n'y aura plus d'autre prophète !". Bonne vieille astuce pour se garantir l'éternité à bon compte auprès des masses crédules...

Si l'on veut introduire de l'honnêteté et de la rigueur dans le vocabulaire, il faut substituer à cette opposition sémantique (qui est tribale et non pas scientifique) la distinction (non pensée dans la secte) entre macrophysique et microphysique. Ce qui fait intervenir des populations importantes d'atomes relève généralement de la macrophysique. Exceptions notables : supraconductivité, superfluidité de l'hélium, laser, maser (qui relèvent de la coopération de bosons en troupeaux), ferromagnétisme et ferrimagnétisme (qui relèvent des ondes de spin, et de la coopération entre spins). Ce qui se passe dans un atome, dans un laser, dans les domaines de Weiss d'un ferromagnétique, relève de la microphysique. Dans le détail, toute la chimie (la liaison chimique), l'électrochimie et la physico-chimie en relèvent aussi. L'état métallique, la couleur jaune du cuivre, et la conductivité du graphite en relèvent aussi, etc.

On peut donc préciser : relèvent de la physique macroscopique les populations importantes d'atomes SANS coopérations par accord en fréquence et en phase, avec beaucoup d'émetteurs asynchrones et beaucoup d'absorbeurs asynchrones, sans coopérations synchronisées.

Où se situe la frontière ou la transition ? Vers 10 à 15 atomes ou petites molécules indépendants, ou dans une grande molécule en vol libre quand ses vibrations internes sont plus amples que la demi-largeur de son fuseau de Fermat entre émission et absorption. Tandis que le chat de 3,5 kg présent dans l’apologue narquois d’Erwin Schrödinger est très très éloigné de la microphysique, et il serait démentiel de prétendre lui assigner une « fonction d’onde ».

Voici un aveu du coup de pouce narcissique que l’obscurité et les contradictions de la secte donnent à un étudiant fasciné :

Ainsi, sur la définition d’un état quantique. Ce n’est pas la peine de faire du baratin. Un état quantique, c’est une fonction propre de l’équation de Schrödinger, et une observable, c’est un opérateur qui agit dans un espace fermé d’état propres. Ce sont donc des applications mathématiques du modèle. Point final. Les livres comme celui de Messiah, Cohen Tannoudji et al, et Landau et Lifchitz traitent avec une grande rigueur (et une grande modestie) de tous ces aspects et de leur lien avec la notion de mesure. Mais c’est profond : quand j’étais étudiant (dans les années 60-70), j’avais passé trois semaines pour lire 20 pages du Landau sur la notion de mesure.
Si la formulation du modèle est ultra-simple, que ce soit pour Schrödinger (HxPsi = ExPsi) ou Dirac (H = alphaxP+ betaxM), les calculs sont très lourds, même pour un cas simple.
Par exemple, pour une collision de protons sur des noyaux (protons de 1 Gev, accélérateur Saturne II, 1976), la section efficace de collision est donnée (approximation de Born des ondes distordues) par une intégrale de recouvrement des ondes distordues entrante et sortante avec un potentiel. Les résultats montrent un accord d’une précision incroyable entre la théorie et l’expérience ! Mais le prix à payer est élevé en terme de lourd labeur. J’en sais quelque chose, puisque c’était l’objet de ma thèse : cinq ans de calculs et de développement du code de calcul !
C’est ce côté « travail de laboureur » qui rebute les grands penseurs de notre époque


Il est intéressant qu’au dessus, il déniait que la doctrine enseignée fut une vraie théorie, mais seulement un modèle de calcul : « La MQ, en effet, n’est pas une théorie, c’est un modèle. Aussi bien l’équation de Schrödinger que celle de Dirac n’ont aucune base théorique, si ce n’est des principes élémentaires de statistique et de symétrie. Chacun est libre d’interpréter ce modèle comme il l’entend, pourvu que, dans son travail, il en respecte les règles, auquel cas, les prédictions sont étonnamment bonnes. »


Quant aux termes de mépris qu’il envoie aux incroyants : « blablateurs et bonimenteurs, escroquerie, nul sur le plan scientifique... ».

Victor ne s’est jamais rendu compte que ce qui a fait le succès de son travail de thèse, est que le formalisme, strictement ondulatoire et strictement déterministe, est correct, lui. Et en complète contradiction avec la sémantique crypto-corpusculariste enseignée par les Göttingen-København-istes devenus hégémoniques. Communautariste naïf, Victor recopie la rumeur répandue par les ennemis de Schrödinger – corpuscularistes - et attribue des origines statistiques à l’équation d’onde de l’électron. C’est là une contre-vérité qui a pris le pouvoir, il suffit de lire les articles de Schrödinger pour que la fraude des Göttingen-København-istes saute aux yeux. Schrödinger est parti de l’onde broglienne, s’est séparé de l’hypothèse corpusculariste (et donc du dualisme), et a prouvé que l’onde broglienne suffisait à presque tout ; sa faute fut d’abandonner en cours de route le cadre relativiste. Deux ans (1928) après est arrivé l’équation de Dirac, équation d’onde de l’électron, pleinement relativiste, qui pourvoyait cette fois à tout, et qui n’est toujours pas assimilée par la puissante communauté.


Dans tous les cas que je pourrais citer, la secte ou la communauté agit en hypnotiseur sur les adeptes, et leur fournit un narcissisme de rechange, à titre de prothèse externe.

Le dédain des disciplines interdisciplinaires ; on ne sait respecter ni ses fournisseurs ni ses clients.



Je crains que les pires exemples soient en enseignement des mathématiques. Dédain des expériences empiriques qui nous ont appris ce que nous savons à présent, dédain des métiers fondateurs, dédain des métiers utilisateurs, mépris de tout cahier des charges. Sans parler de deux fautes internes :

Du coup la mission découlant du contrat social, fournir des méthodes de raisonnements dont la fiabilité et les limites de validité soient sûres, est salement compromise.

Ainsi les notions successives d’angle que nos élèves subissent au long de leur scolarité fluctuent dans une grande incohérence, et un total mépris des métiers utilisateurs.

En collège et en lycée, nous enseignons à nos élèves de certaines sortes d’êtres mathématiques, que nous appelons « angles ». « Soucieux de rigueur », nous ne prenons pas la peine de distinguer entre un secteur angulaire (la portion de plan comprise entre deux demi-droites de sommet commun), et un angle : le truc qui réoriente un machin. Toujours « soucieux de rigueur », entre les six sortes d’angles mathématiques que nous leur enseignons selon l’année et la matière, nous ne prenons pas la peine de les distinguer entre eux (pour la simplicité, nous n’avons pas inclus les angles de spineurs, d’un bien autre programme universitaire) :



angles

orientés

non orientés

Complets

retordage d’un fil : de moins l'infini à plus l'infini

usure d’un arbre, d’un moteur : de 0 à + l'infini

De vecteurs

équivalents par leurs sinus et cosinus : de 0 à 2Pi, ou de - Pi à + Pi.

transporté par fausse-équerre de menuisier : de 0 à Pi.

De droites

équivalents par leurs tangentes : de - Pi/2 à + Pi/2.

fausse-équerre hypothétique de charpentier : de 0 à p/2.



Et pour tout arranger, au lieu de dire à nos élèves que chaque usage, par chacun des métiers qui en a besoin, est respectable, mais distinct, nous les invitons à se joindre à notre mépris envers telle acception « archaïque », et à adhérer à l’acception victorieuse du jour.







Oui mais quelle jouissance narcissique et sadique est éprouvée, à traiter de débiles ceux qui sont lents à désapprendre la leçon de l’an passé, et qui cherchent en vain une cohérence à un parcours incohérent d’une année sur l’autre !

Comme ingénieur, j’ai eu à régler une question de spécifications entre un fournisseur d’argiles, et nous, société d’inventeurs qui développions des cloisons coupe-feu. Ma réaction a été de définir des normes de classification du sous-produit qui nous intéressait. La norme fut vite comprise et acceptée. Dans le monde du travail, on communique ainsi entre métiers différents, et cultures techniques différentes. Mais sur les campus, les techniques et déontologies interdisciplinaires semblent inconnues. Les persiflages entre métiers règnent dans plusieurs salles de TD. De nombreuses connaissances indispensables ne franchissent jamais la distance entre deux amphis. On sait descendre en flammes une idée innovatrice, on ne sait pas la développer jusqu’à en faire une bonne idée. Alors qu’en Recherche et Développement, la pratique du remue-méninges est une base nécessaire. Hélas c’est inconnu en sciences dures ; ils ignorent même la totalité des disciplines de l’heuristique, l’art de trouver.





La sélection des plus dociles aux absurdités.

J’ai donné les exemples du produit vectoriel, et du « dualisme onde-corpuscule » qui jouent un efficace rôle de bizutage chargé d’éliminer les gens à l’esprit droit et concret. Mieux encore : les jeunes thésards qui arrivent autour d’un accélérateur de particules, on les envoie chercher des monopôles magnétiques, renouvellement de la chasse au dahu qui ne tient droit que si tout est de travers.



Depuis, ce maître de conférence a récemment disparu de l’annuaire de l’IN2P3, et je n’ai pas remis la main sur mes notes de TD d’il y a vingt ans. Appelons le « Lahcen » ? En réunion pédagogique, je l’ai entendu réclamer qu’on interdise les études de physique « aux esprits farfelus ». C’était moi, sa bête noire à éliminer : je lui avais posé une question, une seule, qui l’avait déstabilisé. Affolé, il me répliqua « Vous devriez lire des livres ! ». Je les avais, ces manuels réputés, je les ai toujours, et je prouve à présent quelles inexcusables fautes de méthodologie ils enseignent. Je me suis tu, mais ça ne lui a pas suffi. Ça se passe comme ça, dans les communautés qui reposent sur de l’inavouable, et redoutent que quelqu’un de l’extérieur y voit clair dans leur jeu.



Se tenir prisonnier des fautes, violences et crimes communautaires.

On a les témoignages écrits : ce fut par la violence que Niels Bohr cassa tout moral chez ses deux concurrents gênants et trop scrupuleux : Erwin Schrödinger et Louis de Broglie. Il est instructif de comparer les conférences Nobel de Schrödinger et de Dirac en 1933 :

https://www.nobelprize.org/uploads/2017/07/schrodinger-lecture.pdf

https://www.nobelprize.org/uploads/2018/06/dirac-lecture.pdf.

Avec sa légendaire concision, Dirac est le seul à mentionner les résultats obtenus par Schrödinger en 1930, avec la solution de l’électron libre, et les paramètres du « Zitterbewegung », ou « tremblement de Schrödinger », et leur application à la dispersion Compton.

Au contraire, dans ses onzième et douzième pages, Schrödinger biffe toutes les innovations (révolutionnaires) qu’il a exposées dans les dix premières pages. Violemment démoralisé, il est resté démoralisé à vie. Juste une petite insurrection timide en 1935, quand il a composé l’apologue narquois du chat mort-vivant, brocardant ainsi le postulat animiste de Wigner et Neumann : «  Moi gros animal macrophysique qui me déclare "observateur", je suis tellement tout-puissant que j'ai le pouvoir de retarder indéfiniment les réactions d'absorption et la décohérence qui en résulte, rien qu'en n'observant pas !  ».

Et comment vous a-t-on raconté cela ? En contre-sens complet, bien évidemment. Quant à l’équation d’onde de Schrödinger, faute de pouvoir l’effacer, ils l’ont énergiquement dé-Schrödinger-isée, et lui font dire le contraire de ce que l’auteur avait publié en 1926 : « Non non, ce n’est plus une équation d’onde physique ! Elle n’a plus rien de physique. Mais si vous élevez la solution au carré hermitien, alors il vous donne la probabilité d’apparition du corpuscule ! ».

En cliniciens des familles, nous connaissons les ravages provoqués sur les descendants par un secret de famille honteux, surtout s’il s’agit d’un secret criminel. Cela fait trois générations que cette communauté Göttingen-København, devenue hégémonique, est crispée sur le secret inavouable de ses violences et fraudes inavouables.

Je doute que le résultat soit très scientifique. Euphémisme.



Une politique de la recherche et de l’enseignement a besoin de trouveurs, et de développer les trouveurs.

La qualité, c'est gratuit, à condition d'être intégré dès le début de la conception. En matière d'enseignement des sciences, je vois quelques éléments de la qualité, qui sont hélas négligés :

  1. Toujours avoir une épreuve de réalité – expérimentale - qui vous attend au tournant, et à laquelle on ne pourra se dérober. Faute de ces sanctions expérimentales sévères, vous n'enseignez plus les sciences, mais seulement à devenir professeur de «  sciences  » à son tour, de génération en génération, de scolaste hors-sol en scolaste hors-sol.

  2. Cessez de vous imaginer que vous êtes les modernes pour toujours. Pensez qu'on aura à corriger vos bévues les plus triomphantes, et ayez la courtoisie de faciliter la tâche. Ne codez plus au fer à souder, n'assemblez plus à la brasure forte vos calculs avec les délires que vous avez hérité de vos prédécesseurs. Faites corrigible, au lieu de vous prendre pour des prophètes ou des évangélistes. Air connu : «  Et après moi, il n'y aura plus d'autres prophètes !  »

  3. Modularisez, codifiez et hiérarchisez les héritages de classe en classe. Prévoyez les interfaçages pour qu'on puisse corriger un module sans devoir refaire aussi tout le reste.

  4. Préparez les fécondations croisées interdisciplinaires en allant chercher auprès des métiers voisins leurs propres épreuves de réalité2. Des épreuves de réalité, on n'en aura jamais de trop. Contre la pesanteur négative du phlogistique, qui ne posait aucun problème intellectuel aux chimistes de son temps, Lavoisier a opposé l'épreuve de réalité des astronomes : il n'existe pas de pesanteur négative.

  5. N'hésitez pas à demander aux métiers voisins, fournisseurs ou clients d'informations de métier, ce dont ils ont besoin, eux, et quel usage ils en font. Allez voir vos clients sur leur lieu de travail.

  6. Entre métiers et corps de métiers, négociez par arbres de pertinence3. Ce n'est pas un outil réservé aux seules industries d'armements (même si c'est là qu'il est né), il mérite d'être amplement diffusé, popularisé et utilisé.

  7. Faites reformuler par un de vos utilisateurs, et vérifiez avec lui si sa reformulation est meilleure ou pire dans ses résultats.

  8. Soyez attentifs aux coûts d'apprentissage, et assurez-vous que vous optimisez correctement le parcours didactique, continuellement ponctué de vérifications expérimentales. Il y a là encore de gros moyens de s'améliorer.

  9. Vérifiez ce qu'ils ont compris au juste, et s'ils savent l'appliquer hors situations scolaires.

  10. Cessez de vous imaginer sans preuves ni vérifications, que ce qui vous est transmis est donc déjà bien compris. Anatole Abragam s'est ainsi vanté4 du règne de la rumeur dans l'enseignement des sciences. Or une rumeur est tout sauf scientifique, même si elle se propage dans un milieu officiellement «  scientifique  ».

Voilà, si en plus j'étais entendu, ce serait un sérieux progrès.

On ne sait pas piloter scientifiquement l'enseignement scientifique : les retours d'information sur l'efficacité obtenue sur le terrain sont terriblement lents à revenir, aussi le pilotage sans rétroaction à temps devient souvent fort hasardeux, voire calamiteux, livré aux copinages politiques et autres pathologies.

Ancien ingénieur de recherches, Jacques Lavau a publié Microphysique quantique transactionnelle, Principes et applications et sa traduction américaine, Transactional (Quantum) Microphysics, Principles and Applications.

Il est intervenu pour les 41 dernières pages de Le nombre, une hydre à n visages ; entre nombres complexes et vecteurs, paru en décembre 1997 aux Editions de la Maison des Sciences de l'Homme, Paris.





1 In Les bijoux de la Castafiore. Hergé.

    2 Sur l'armoire de régulation d'un four de cimenterie, l'ingénieur avait porté au feutre la transformée de Laplace du four, avec bien sûr ses valeurs numériques mesurées, autrement dit sa réponse impulsionnelle. La transformation de Laplace, l'automaticien s'en sert quotidiennement.

    3 Arbres de pertinence. Pages 218-233, Erich Jantsch: Technological forecasting in perspective. OCDE 1967.

    4 Anatole Abragam. De la physique avant toute chose. Editions Odile Jacob, 1987. Pages 67 - 68 :

    «  A partir du moment où les résultats sont suffisamment établis et suffisamment bien compris pour ne plus soulever de contestations dans la communauté des savants, on écrit des livres pour exposer leurs résultats et plus personne à part les philosophes et les historiens ne lit les mémoires originaux. Certains le regretteront mais c'est ainsi, et selon moi c'est très bien ainsi.  »